blogue/Pour les employeurs

Ce que les employeurs comprennent mal des avantages liés à la proche aidance

Le soutien que la plupart des régimes achètent couvre l’urgence. La charge que le personnel porte vraiment est administrative, et elle est quotidienne.

Une salle de réunion vide, photographiée depuis la porte juste après une rencontre, les chaises repoussées et deux tasses oubliées.

Demandez à une personne responsable des avantages sociaux ce qu’elle a mis en place pour la proche aidance et vous entendrez généralement parler du programme d’aide aux employés. C’est une réponse raisonnable. C’est aussi une réponse sur la crise, or la proche aidance n’a la plupart du temps rien d’une crise. C’est une charge hebdomadaire permanente faite de renouvellements d’ordonnance, de résultats, de formulaires et de suivis, portée par une personne qui a aussi un emploi.

La charge est administrative, pas clinique

En 2022, Statistique Canada dénombrait 13,4 millions de personnes proches aidantes non rémunérées au pays, soit 42 % des personnes de 15 ans et plus. Celles qui s’occupent d’un adulte ayant un problème de santé de longue durée y consacraient un nombre médian de huit heures par semaine. Ce temps-là ne se passe pas en rendez-vous : il se passe à les prendre, à ne pas les oublier, à courir après les résultats ensuite, et à répéter l’historique médical de la famille à la prochaine personne qui le demande.

  • 16 % des personnes proches aidantes ont modifié leur horaire de travail pour y arriver.
  • 7 % ont réduit leurs heures de travail hebdomadaires.
  • 5 % ont carrément cessé de travailler contre rémunération.

Un avantage qui répond au téléphone à 2 h du matin n’aide pas la personne qui ne trouve pas la liste des médicaments de sa mère à 14 h.

Pourquoi l’écart persiste

Les régimes d’avantages sociaux s’achètent par catégories, et il n’existe aucune catégorie appelée « la paperasse liée aux soins d’un proche ». Le travail reste donc invisible : il n’apparaît pas dans les données de demandes de règlement, rarement dans un code d’absence, et les personnes qui le portent sont les moins susceptibles de lever la main.

Ce qui comble vraiment l’écart

Ce qui aide n’a rien de spectaculaire. Un seul endroit qui réunit les dossiers, les médicaments et les rendez-vous d’un foyer, qui lit les documents entrants et les classe sans qu’on le lui demande, et qui peut répondre à une question dans la langue où elle est posée.

Sources

Statistique Canada, Enquête sociale canadienne, 2022.